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24/12 - Une nouvelle rue à Gochenée…Une partie du « Quartier du Pairet » devient « rue Marie-Joséphine Pierre »

A la demande de BPOST, et vu l’émergence du lotissement situé au Quartier du Pairet à Gochenée, la numérotation de la rue Quartier du Pairet devenait problématique et causait bien des désagréments au facteur et livreurs de colis. Dés lors, le Collège communal pris la décision de renommer et de renuméroter une partie de la rue Quartier du Pairet.

Oui, mais quelle dénomination choisir ?

Connaissant sa passion pour l’histoire locale, le Collège communal demanda à Alain Gillain, habitant de Gochenée, d’y réfléchir, comme il l’avait fait pour le Quartier du Centre devenu Quartier Alphonse Balat, et de proposer une nouvelle dénomination, ce qui fut fait en un jour.

Il proposa « rue Marie-Joséphine PIERRE ».

Trois critères ont conduit sa recherche :

  • Trouver une native de Gochenée
  • Un parcours de vie exceptionnelle
  • Le dernier changement de nom de rue a mis en valeur, Alphonse Balat, qui était un homme, donc trouver une femme serait pertinant.

 

Qui était Marie-Joséphine Pierre ?

 

Née à Gochenée le 30 juin 1882 et décédée à Gochenée le 31 octobre 1972.
Prisonnière politique en 1918,
Femme de l’Armée des Ombres,
Résistante hors pair en1942.

Un bref historique de sa vie…

 

Mars 1916.

Joséphine a maintenant 34 ans. Elle est mariée à un officier de gendarmerie. Elle n'a pas d'enfant et vit dans sa maison à Gochenée. Son mari est mobilisé, à la guerre. Elle aide donc sa jeune sœur à élever ses quatre enfants.

C'est là qu'un premier drame se joue.

Sa sœur a caché, dans le poulailler adjacent à la maison, du matériel militaire pour la Résistance. Sur dénonciation d'un voisin, la Feldgendarmerie, nom de la police militaire allemande, débarque et trouve directement l'endroit où est dissimulé le matériel.

Joséphine, présente dans la maison ce jour-là, et pour protéger sa sœur et ses enfants, déclare à la police que c'est elle qui a caché le matériel. S'ensuivent alors arrestation, interrogatoires et incarcération à la prison de Saint-Gilles. Elle se retrouve dans la cellule voisine de Gabrielle Petit, héroïne de la Résistance belge, assassinée le 01 avril 1916.

Joséphine se rappelle que le jour de sa déportation vers l'Allemagne, toutes les femmes ont quitté la prison de Saint Gilles sauf Gabrielle Petit. Elle apprendra bien plus tard, la mise à mort de celle-ci. Joséphine passera 18 mois dans les geôles allemandes.

Elle sera décorée de la médaille du prisonnier politique pour sa courageuse et admirable attitude.

Rentrée au pays en novembre 1917, elle retrouve sa maison où elle récupère de sa captivité. Elle y attend également le retour de son mari, Émile qui, sur l'Yser, a subi un bombardement à l'ypérite. Il souffrira de maladies des voies respiratoires jusqu'à son décès en 1942.

Janvier 1942

Joséphine a maintenant 60 ans. L'Allemagne aura envahi deux fois son pays, l'aura maintenue en captivité 18 mois, aura gazé à « mort » son mari, et, surtout l'aura privée d'avoir des enfants...

Ce sera la plus grande souffrance de sa vie...

De janvier 1942 à Août 1944

Entrée dans l’Armée des Ombres et dans la Résistance active.

Joséphine intègre le réseau Bayard. Le Lion Belge reconnaitra son action au sein de ce réseau.

Elle entre au Mouvement National Belge (le M.N.B.) qui était l'un des principaux réseaux de résistance durant la Seconde Guerre mondiale. II fut fondé par Aimé Dandoy, le 17 décembre 1940. Les missions de ce groupe consistaient en la mise au point des filières d'évacuation de pilotes alliés, la presse clandestine, le renseignement, et le sabotage.

Elle fait partie du réseau de passeurs filiéristes belges, hollandais et Français.

Elle devient un agent actif du Service de Renseignement et d'Action (le S.R.A) et de l'Union des Services de Renseignement et d'Action (le U.S.A..).

Elle sera reconnue comme « résistant civil » pour son action, du 01 janvier 1942 au 31 août 1944.

En conclusion,

Joséphine était une femme authentique. C'était une grande dame. On avait l'impression qu'on la connaissait, c'était la voisine d'à côté... Elle était d'une grande simplicité et était particulièrement reconnue pour sa joie de vivre. Les gens qu'elle aimait savaient qu'ils pouvaient toujours compter sur sa présence. Une présence de chaque instant...

Elle se montrait d'un naturel positif et aimait voir ce qui fonctionnait bien. Elle s'est engagée dans la résistance, au péril de sa vie, pour la liberté de notre pays, en combattant l'ignominie nazie.

Du début du printemps à la fin de l'hiver, de jour comme de nuit, sans crainte, avec prudence, avec efficacité, elle a sauvé et conduit en zone libre des pilotes américains ou anglais, mais aussi des prisonniers évadés français et belges. Plusieurs familles juives lui doivent la liberté et la vie. Elle a renseigné les Alliés sur les mouvements, la composition, l'armement, les moyens radios et de communication de l'ennemi.

Douglas Conway, pilote américain sauvé par Joséphine, a écrit plusieurs cartes de Noël et de Nouvel An. Il a répété son geste chaque année de la libération et au décès de Joséphine, nous laissant ainsi le témoignage d'une belle amitié.

Note :

Un remerciement tout particulier à Monsieur Alain Gillain de Gochenée pour sa précieuse collaboration.

 

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